First Contact #9

Promotion Rosetta 2014/2015



Édito

Une nouvelle année s’écoule, une nouvelle édition paraît, et nous nous rapprochons à grands pas du 10ème first contact. Voici la 9ème édition. Cette année a été marquée notamment par les 15 ans du master, mais également par l’atterrissage du rover Philae de la mission Rosetta auquel la promotion 2015, du même nom que la mission, a pu assister en direct depuis l’ESTEC (à Noordwijk, Pays-Bas).

Forte de sa dynamique créée depuis 12 années maintenant, AMOSAE continue à fédérer les anciens étudiants autour d’évènements tels que les secondes rencontres OSAE qui ont eu lieu le 05 mars 2016, à l’occasion des 15 ans du master.

Toujours à l’écoute et à l’affut des projets spatiaux, l’offre de formation du master OSAE évolue pour toujours être en adéquation avec la demande du marché, aussi dans le secteur du spatial, mais pas que. Rejoindre le master OSAE, c’est s’assurer une qualité de formation dispensée par des intervenants issus de l’industrie, de l’agence spatiale (CNES) ou de laboratoires.

Vous êtes séduits par l’aventure OSAE et souhaitez y prendre part ? Des questions vous traversent l’esprit au sujet de la formation, votre projet professionnel, les stages, les emplois… ? L’association AMOSAE est là pour répondre à vos questions et vous guider. Première étape : la lecture des quelques pages qui suivent. Des étudiants de la promotion Rosetta vous apporteront des 1ers éléments de réponse.

Bonne lecture

OSAEment vôtre,
Le comité de rédaction



Quartier libre astro // Entretien avec Guy Perrin

L'atmosphère limite les observations réalisables au sol. L'absorption d'une partie du spectre électromagnétique empêche les observations dans certaines bandes spectrales. En outre dans le domaine visible et infrarouge, les turbulences atmosphériques limitent la résolution des télescopes. Les années 90 furent riches en innovations pour s'affranchir des contraintes liées à l'atmosphère. En 1994, le premier télescope spatial « Hubble Space Telescope » fut mis en orbite.

En parallèle, les télescopes au sol atteignent leurs limites de diffraction avec le développement de l’optique adaptative. Cependant, pour résoudre des étoiles peu lumineuses, la taille des télescopes reste insuffisante et le subterfuge de l’interférométrie doit être utilisé. L'utilisation des optiques adaptatives de grands diamètres avec un interféromètre permet d'observer les objets les moins brillants.

Sous l’impulsion de Pierre Léna, la technologie de l’optique adaptative prit son envol et permit le développement de l’interférométrie. La résolution atteinte avec l'instrument GRAVITY, installé sur le VLTI, permet une observation du centre galactique.

Nous remercions Guy Perrin pour le temps qu'il nous a accordé afin de mieux comprendre les objectifs scientifiques et les particularités de cet instrument.



AMOSAE : Quelle est la science que l’on fait et que l’on fera dans un futur proche?

Guy Perrin : La motivation première de l’instrument GRAVITY était [d’observer] le centre galactique, c’est ce qui a complètement dimensionné l’instrument. [On se sert d]’optique adaptative (OA) infrarouge parce que le centre galactique est un objet extrêmement rouge et qu'on ne peut pas se servir de l’OA visible sur une étoile très proche du centre galactique. Donc on perd en correction [avec l’OA infrarouge].

Ensuite, le choix de la bande K 1 c’est aussi parce que l’objet est très rouge, et [aussi] parce que les fluctuations du centre galactique sont marquées au-delà de 2,3 µm. Le fait qu’on ait quatre télescopes et que ce soit des télescopes de 8m de diamètre c’est du pain béni parce que l’objet est faible. Et d’autre part, parce qu’on a besoin d’avoir une information spatiale riche, on a besoin de mesurer plusieurs fréquences spatiales simultanément.

Le fait qu’on ait du suivi de frange c’est pour pouvoir intégrer, pour pouvoir faire de l’astrométrie précise. Parce qu’on a besoin de stabiliser la phase. Donc toutes ces caractéristiques dérivent de l’objectif central qui est de pouvoir observer sagittaire étoile 2 et son environnement.

1 Bande de longueurs d’ondes de 1 995 nm à 2 385 nm (dans l’infrarouge)
2 Nom donné au trou noir au centre galactique

AMOSAE : Quel phénomène physique cherche-t-on à observer ou à mettre en évidence ?

Guy Perrin : Les deux objectifs qu’on a sont d’une part de tester la relativité générale en champs [gravitationnels] très intense, ça n’a jamais été fait. Et d’autre part de tester si l’objet central est un trou noir ou pas.

Donc, ce que l’on va voir c’est d’une part des étoiles et on en connaît quelques-unes. On cherche aussi des étoiles plus près du trou noir central, qui n’ont pas encore été découvertes et pour lesquelles il faut la résolution de GRAVITY. On veut s’en servir pour contraindre les trois paramètres du trou noir.

[Ces trois paramètres sont la masse, le spin et le moment quadrupolaire. En fait, ce sont la masse, le spin et la charge, mais la charge est supposée nulle. On connaît la masse, avec GRAVITY on espère mesurer le spin et si la théorie du trou noir est correcte, on détermine absolument tout à partir de ces deux paramètres]. Le moment quadrupolaire est une quantité qui caractérise les champs gravitationnels pour les trous noirs. [Le théorème de l’absence de chevelure] lie ces trois paramètres et si cette relation n’est pas vérifiée, c’est qu’il y a un problème avec la théorie du trou noir ou avec la théorie de la relativité générale.

Ça, c’est ce qu’on souhaite faire avec les étoiles. L’autre chose qu’on souhaite faire c’est observer les sursauts, donc ce gaz probablement chauffé lorsqu’il est à proximité du trou noir ou avalé par le trou noir. On veut se servir des sursauts comme de particules tests pour explorer l’abord de l’horizon du trou noir.

Dans le premier cas, on veut faire de l’imagerie et dans le deuxième cas, on veut faire de l’astrométrie 3. Dans le deuxième cas, on se situe dans quelques dizaines de µas ["microarcsecond" = un millionième d'une seconde d'arc] du rayon de Schwarzschild 4, donc le rayon de l’horizon des évènements c’est le µas.

3 Science du positionnement des astres sur la sphère céleste
4 Distance en dessous de laquelle même la lumière ne peut plus s’échapper du trou noir.

AMOSAE : L’instrument GRAVITY a des capacités uniques au monde. Y-a-t-il des solutions techniques propres à GRAVITY ?


Le cryostat de Gravity à Paranal (LESIA)

Guy Perrin : L’outil de métrologie est complètement nouveau, les détecteurs sont des détecteurs SELEX complètement nouveaux. Ce sont des détecteurs d’amplifications qui fonctionnent dans l’infrarouge, qui permettent de réduire le bruit à un électron de bruit de lecture, après on est limité par le bruit de photon. Le fait qu’on ait un instrument double champ (n’est) en pratique pas tout à fait nouveau […]. Il y a un instrument sur le VLTI qui s’appelait PRIMA et qui n’a pas bien marché. Le suivi de frange avec prédiction de la turbulence et un filtre Kalman 5 ça c’est complètement nouveau. Le fait qu’on intègre, les techniques de réduction des données, sont nouveaux. Il y a beaucoup de choses complètement nouvelles dans GRAVITY.

5 Filtre : Opération qui consiste à estimer l’état d’un système dynamique à partir d’observations partielles et bruitées. La force du filtre de Kalman est sa capacité de prédiction des paramètres et de rectification des erreurs […], mais aussi du modèle lui-même !

AMOSAE : Avec toutes ces innovations, y-a-t-il eu des moments où vous avez eu très peur par rapport au projet ?

Guy Perrin : Plein de fois et ce n’est pas terminé. Un exemple, c’est le jour où on a réalisé qu’on s’était beaucoup focalisé sur le fait qu’on avait une métrologie très intense et qu’on avait peur que ça casse les fibres et les optiques intégrées. Après les tests qu’on a faits, on s’est aperçus que ça ne leurs ferait rien. Quand on a eu nos détecteurs, on a vu un effet auquel on n’avait pas du tout pensé, c’est qu’on a de la rétrodiffusion due à un processus Raman qui vient créer une lumière parasite extrêmement intense et on a cru qu’on avait tout faux, qu’on ne verrait jamais le centre galactique parce qu’on baignait dans cette lumière. Il a fallu énormément travailler pour trouver un système alternatif, pour réduire la quantité de matière rétrodiffusée par cet effet auquel on ne peut rien.

AMOSAE : Quel attrait, selon vous, offre une orientation dans ce domaine à un étudiant ?

Guy Perrin : L’intérêt c’est justement de pouvoir travailler sur des projets qui sont motivants, risqués, donc qu’il y a un défi important, mais avec des résultats extraordinaires ! C’est pouvoir faire des choses qui n’existent pas, qui sont risquées, c’est rentrer comme ça dans l’inconnu. Se lancer sur des sujets qui ne sont pas du tout explorés et travaillés, dans un environnement international, avec des institutions qui sont expertes dans ce domaine. C’est être au front de ce qui se fait de mieux dans ces domaines aujourd’hui. Pour ce qui est des étudiants du M2 OSAE, il y a un ancien du master qui travaille sur GRAVITY [... à] un poste d’ingénieur d’étude au CNRS.


Guy Perrin est astronome au Laboratoire d’Études Spatiales et d’Instrumentation en Astrophysique (LESIA) de l’Observatoire de Paris. Il est le responsable de la contribution française pour l'instrument GRAVITY. Guy Perrin enseigne les cours d'imagerie optique et interférométrie du master OSAE.




Quartier libre spatial // LISA pathfinder : vers l'observation spatiale des ondes gravitationnelles

L'expérience des fentes de Young et la découverte des interférences ouvrit la voie à des moyens d'observations nouveaux en astronomie. La formulation théorique du phénomène d'interférence permit à Albert Michelson d'effectuer la première mesure du diamètre d'une étoile en 1921. Aujourd'hui le gain en résolution des observations au sol, grâce à l'interférométrie, permet de réaliser des instruments comme GRAVITY, et d’observer le centre de notre galaxie ( Sagittarius A* ). Les conditions de forts champs gravitationnels sont à l'origine des ondes gravitationnelles. La détection de celles-ci ouvrirait à l'observation d’une partie sombre de l'univers.

L'accélération des particules chargées génère les ondes électromagnétiques, par analogie, les masses accélérées génèrent les ondes gravitationnelles. Les longueurs des ondes électromagnétiques, très petites devant les dimensions de l'objet émetteur, permettent d'en réaliser des images. Dans le cas des ondes gravitationnelles, contrairement aux ondes électromagnétiques, les longueurs d'onde sont plus grandes que les dimensions de la source d'émission. À titre d'exemple, la longueur de l'onde gravitationnelle, générée par deux trous noirs formant un système binaire, est d'un ordre de grandeur de 10 à 20 fois le diamètre de l'orbite. Ainsi, la méthode de détection des ondes gravitationnelles est similaire à celle de la détection radiométrique. L'amplitude et la phase des ondes gravitationnelles peuvent être mesurées. Leurs détections permettraient d'observer des parties inaccessibles de notre univers à l'heure actuelle. L'annonce de leur détection par les instruments au sol VIRGO et LIGO, le 11 janvier 2016, sont des résultats très encourageants pour le développement d'instruments de détection des ondes gravitationnelles.

La capacité de ce type d'instruments requière de mesurer d'infimes variations de distance. L'instrument doit être suffisamment sensible pour mesurer des allongements d'un ordre de 10-21 à 10-24 (une variation de longueur de 10-21 et 10-24 m pour une barre d'une longueur de 1 m). L'intensité du champ gravitationnel détermine l'amplitude et la fréquences des ondes gravitationnelles. Des observations au sol permettent leura détection pour des fréquences de l'ordre 100 Hz. Observer dans ce domaine spectral permet d'étudier des interactions gravitationnelles entre deux trous noirs super massifs. La détection d'ondes gravitationnelles de plus basse fréquence permet l'observation de phénomènes moins violents. Un instrument spatial permet d'accroitre la sensibilité de mesure simplement en permettant des constructions de plus grandes dimensions. La mission conjointe de l'ESA et de la NASA, e-LISA (Laser Interferometer Space Antenna) se propose de réaliser un instrument de ce type capable de mesurer des ondes gravitationnelles dans une bande de fréquence comprise entre 0,1mHz et 100mHz. Cela permettrait d'étudier des phénomènes tels que la formation des galaxies.


vue d'artiste de l'instrument LISA (ESA LISA Yellow book)

L'instrument spatial LISA est une constellation de 3 satellites identiques, qui forment une antenne triangulaire. L'objectif est de mesurer les distorsions de l'espace-temps. Les mesures reposent sur l'hypothèse qu'un corps en chute libre suit les géodésiques. En supposant deux corps distincts suivant leurs propres géodésiques, les distorsions de l'espace-temps induites par les ondes gravitationnelles font varier la distance entre les corps. Chaque satellite possède deux masses de références, isolées pour être en chute libre. La mesure des distorsions de l'espace-temps nécessite de mesurer les distances entre les masses de références (les bras de l'instrument), les distances respectives entre les satellites, et les distances entre le satellite et les masses de références. Avec des bras d'une longueur de plusieurs millions de kilomètre (5x106 km) un interféromètre ne pourrait pas fonctionner à cause de la diffraction. L'instrument de mesure met donc en oeuvre un interféromètre particulier, inspiré par les systèmes radar, de type hétérodyne. Les innovations mises en oeuvre reposent sur des principes qui doivent être démontrés. Deux points sont cruciaux, la possibilité d'obtenir un corps en chute libre et la précision des mesures de distance avec la technologie innovante de l'instrument.

La mission LISA Pathfinder devra démontrer la faisabilité du concept sur ces deux points essentiels. La charge utile comporte les deux sous-systèmes critiques de l'instrument LISA. Le système Disturbence Reduction Noise, sous la responsabilité de la NASA, doit permettre aux masses d'être en chute libre. Celui-ci doit assurer un contrôle extrêmement fin de chaque satellite. Le système Pathfinder technology, sous la responsabilité de l'ESA, doit valider l'instrument de mesure de distance et la nouvelle technologie utilisée : un interféromètre hétérodyne de type Mach-Zehnder 1. L'ensemble ne pouvant évidemment pas être testé en grandeur nature, la mission est réalisée avec un modèle de test. Ceci permet de réduire l'encombrement de l'instrument à une longueur caractéristique de 50 cm environ. La sensibilité de mesure de position requise alors est de l'ordre de 10-12 m.Hz-1/2 pour une bande de fréquence comprise entre 1 mHz et 30 mHz.

1 Type d'architecture d'interféromètre.

concept de l'instrument LISA (source ESA LISA Yellowbook)

Pour mener à bien les mesures et valider le concept, l'instrument LISA Pathfinder fut lancé le 03 décembre 2015, avant d'arriver au point de Lagrange du système Terre-Soleil en janvier 2016. Le 25 juin 2016, les premiers objectifs de la mission ont été atteints grâce à l’état de chute libre des masses de référence de 2 kg. Les performances des instruments ont permis des mesures avec une sensibilité de 3.10-14 m.s-2.Hz-1/2 pour des fréquences f2 supérieure à 3 mHz, sur une bande passante de 1 à 30 mHz. La prochaine étape sera d’atteindre une sensibilité de 3.10-15 m.s-2.Hz-1/2. Ces premiers succès semblent ouvrir de nouveau horizons, nous offrant le rêve d'une mise en lumière de la partie sombre de notre univers.




Témoignages // Trois étudiant-e-s OSAE se livrent



Simone Thijs


Jordan Zafonte


Lucie Dangeon

Quel a été ton parcours avant le master OSAE et pourquoi avoir choisi ce master ?

SIMONE : Après mon bac science en Belgique mon rêve était de faire des études en astrophysique. Toutefois, vu le côté spécialisé et théorique, j’ai préféré acquérir une base plus large, via une licence professionnelle en physique appliquée aux Pays-Bas. Pendant ces 4 ans d'études, j’ai fait deux stages de 6 mois dans le domaine de l’optique: un dans un laboratoire à Grenoble et un dans une PME aux Pays-Bas. Ensuite, j’ai voulu continuer à étudier, pris mon courage à deux mains et tenté le coup en astrophysique. J’ai fait le M1 en astronomie et astrophysique à l’observatoire de Paris pour me mettre au niveau, mais je savais déjà que le master 2 pro OSAE serai l’étape suivante, cohérente avec mon parcours en physique appliquée. Je voulais approcher le domaine de l’ingénierie spatiale : radio, communication, télescopes, satellites, lanceurs…, mais comme ingénieur en quoi ? Je n’avais pas encore une idée claire ! C’est devenu plus précis grâce aux projets du master 2 et aux visites des intervenants.

JORDAN : J’ai commencé mon parcours post-bac par une licence de physique théorique à l’Université François Rabelais de Tours avec pour objectif de devenir astrophysicien, un rêve d’enfance. J’ai profité du programme Erasmus pour faire ma 3ème année à Dublin à l’University College Dublin. Pendant cette année, j’ai reconsidéré mon projet professionnel en m’apercevant que je n’étais pas fait pour la recherche. J’ai décidé de m’orienter vers une formation d’ingénierie spatiale. Deux possibilités s’offraient à moi : l’UPS de Toulouse et l’Observatoire de Paris, les deux seuls établissements proposant en France des diplômes de Master pour les métiers de l’ingénierie spatiale. Retenu à l’OBSPM, j’ai donc fait le M1 proposant des UE à la fois théoriques mais aussi pratiques préparant bien au M2 OSAE.

LUCIE : Après mon bac j’ai fait 2 ans en classes préparatoires parcours Physique-Chimie. À la fin de ma 2e année j’ai décidé de suivre un cursus universitaire afin de suivre des cours en astronomie, ce que proposait la licence [physique et application] de l’Université Paris-Sud. Mes années de prépa m’ont beaucoup aidée durant ces premières années. L’Université Paris-Sud propose un Master Physique Appliquée et Mécanique permettant de suivre un cursus « instrumentation spatiale », avec notamment un cours de Mathieu Vincendon. La route était toute tracée pour le M2 OSAE l’année suivante. Ce master me convenait parfaitement, durant mes stages à l’Institut d’Astrophysique Spatiale et au Laboratoire de l’Accélérateur Linéaire, j’ai vu que l’instrumentation était un domaine où je voulais travailler et l’astronomie a toujours été une passion. (pas que spatiale, j’ai fait un stage en physique des particules et ça me plaisait aussi beaucoup ;) )

Que retiens-tu de ton année OSAE ? Quels en sont les points forts ? Que t’a apporté le master OSAE par rapport à ton parcours pré-OSAE (autant sur le plan technique qu’humain) ?

SIMONE : Le plus important avec ce master, c'est les portes qu’il ouvre : des connaissances pointues, un réseau important, un stage dans le spatial... Les cours « Systèmes et Projets » et les présentations des intervenant professionnels m'ont été particulièrement utiles. Puis le stage qui a boosté mes capacités à entrer dans la vie professionnelle. J'y ai rencontré beaucoup de gens très ambitieux et souvent plus jeunes que moi, qui m'ont aidé à bien cerner l'importance des réseaux. J’espère donc beaucoup de la vie associative du master OSAE. Ce serait par exemple très enrichissant (sur le plan ingénierie système) s'il y avait un créneau pour participer ensemble aux multiples « compétitions » proposées durant l’année par l’industrie ou les laboratoires

JORDAN : OSAE n’a pas été une année comme les autres dans mon parcours. Pendant cette année on noue une réelle complicité avec sa promotion et même avec ses enseignants. Ce petit cercle fermé dont vous faites partie est une véritable opportunité pour faire de votre rêve une réalité. En OSAE, on fait du spatial à toutes les sauces et c’est son véritable point fort! J’ai rencontré de jeunes ingénieurs des Mines, de Centrale ou même de l’X très brillants mais qui ignoraient tout de l’environnement hostile de l’espace ou de l’architecture d’un satellite. Ce que je retiens d’OSAE : de la fatigue, du stress, des doutes, des déceptions mais surtout des fous rires, des amitiés, des enseignants en or, l’ESTEC, un super stage, 4 projets à la fois en 4 mois avec 4 binômes différents et c’est ça qu’est bon !

LUCIE : C’était une année très remplie qui est passé très vite ! On voit beaucoup de choses mais de façon assez structurée. Les travaux pratiques sont très intéressants et le fameux projet informatique nous met directement dans le bain. Le fait de travailler en groupe assez souvent nous permet de former des liens avec le reste de la promo et nous apprend à partager les tâches en fonction de nos compétences respectives (c’est clairement ce qui nous attend dans le monde du travail). Les années précédentes mon parcours était plus général, OSAE m’a permis de me préparer au mieux au monde du travail. Le voyage à l’Estec est aussi un super souvenir de cette année.

Le choix de ta spécialité a-t-il eu un impact sur ta recherche de stage et d’emploi ?

SIMONE : Oui ! J’ai commencé rapidement avec ma recherche de stage et heureusement je savais à peu près quels domaines m’intéressaient. Je me suis spécialisée dans ces domaines pendant le deuxième semestre. Je crois important de souligner que ce n’est pas seulement la spécialisation qu’on a choisi pendant le master qui aide à vendre son profil lors de la recherche d’un premier emploi. C’est surtout ce que l'on fait pendant le stage qui intéresse le recruteur.

JORDAN : J’ai choisi les spécialités « Cryogénie » et « Mécanique des éléments finis » avec comme enseignants respectifs Paul Lami et Jean-Laurent Dournaux par curiosité et je n’ai pas été déçu ! C’est clairement ces deux spécialités qui m’ont amené là où j’en suis car je souhaitais orienter ma carrière dans le domaine thermique et mécanique. Les spécialités « Environnement spatial » et « Systèmes numériques embarqués » avec comme enseignants F. Rouesnel, J.C. Le Clech, L. Gueguen et P. Plasson m’ont apporté plus de culture et de savoir notamment sur le contrôle thermique d’un satellite, les procédures et règles de propreté en AIT/AIV et sur le déroulement d’un projet en vue de développer un sous-système d’un satellite.

LUCIE : J’avais choisi les spécialités Optique et Automatique ainsi que Détection Hétérodyne. La première spécialité me convenait parfaitement, l’optique adaptative m’intéresse vraiment et j’ai d’ailleurs trouvé un stage qui mêlait optique adaptative et asservissement en température (donc automatisme). La 2e spécialité m’a moins servi pour le moment mais m’avait permis de renforcer mes bases en détecteurs. Indirectement cela a eu un impact pour mon premier emploi car grâce à ma spécialité j’ai eu mon stage chez Imagine Optic qui m’a permi de décrocher mon premier job.

Quel a été ton sujet de stage ? As-tu beaucoup utilisé les cours du Master lors de ton stage ?

SIMONE : Le sujet de stage était la caractérisation d’un transistor bipolaire utilisé dans les satellites de navigation Galileo. Les champs étudiés étaient l’électronique, semi-conducteurs, EMC et antennes dans le domaine des radiofréquences (microwave). C’est un vaste domaine dans l’aérospatiale, parce que tout ce qui est communication, radar, etc. est basé sur ces outils. Pendant ce stage j’ai acquis énormément de nouvelles connaissances, et les notions de base apprises pendant le master étaient utiles pour un démarrage rapide. Dans mon cas précis, les cours qui ont le plus servi sont l’électronique, la détection hétérodyne (et son TP), « Systèmes et Projets » de R. Clédassou et « Environnement Spatial » de F. Rouesnel.

JORDAN : Mon stage s’est déroulé dans une PME du groupe Safran spécialisée dans la fabrication et la métrologie des optiques. Il a consisté à développer et fabriquer un instrument de métrologie pour mesurer des surfaces optiques. Très enrichissante, cette expérience m’a permis de gérer un projet dans son ensemble en passant par la R&D du système, la mise en place d’un banc de test, les analyses sur pièces optiques, le post-traitement des données tout cela en collaboration avec une équipe d’ingénieurs. Les enseignements du master m’ont beaucoup aidé à organiser mon travail et à avoir la vision système de l’instrument que je devais développer. Après, beaucoup de choses s’apprennent sur le tas en stage comme lors de son premier emploi. Ce que l’on attend de vous, c’est de prendre les devants et de montrer votre esprit d’ingénieur et non d’étudiant.

LUCIE : Le but de mon stage était de stabiliser en température la membrane d’un miroir déformable d’un système d’optique adaptative pour la microscopie. J’ai donc eu besoin de mes cours en optique géométrique et adaptative, de mes cours en automatique (+ l’aide de François Orieux), mis en pratique ce que j’ai vu en TP ainsi que les cours de gestion de projet car mon stage était un mini-projet indépendant au sein de la boîte, ce qui implique rédaction du cahier des charges entre autres.

Où en es-tu professionnellement ?

SIMONE : Actuellement je suis en CDD comme ingénieur d’étude sur le projet RPW (Radio and Plasma Waves) du Solar Orbiter, un satellite d'observation solaire de l'Agence Spatiale Européenne, en collaboration avec le CNES et plusieurs laboratoires Européens. Je réalise des opérations d’assemblage, intégration, test et validation (AIT/AIV) sur l’instrument. Mes domaines d'intervention sont principalement l’électronique, le vide-thermique et mécanique. En juillet dernier j’ai passé le concours MEN (Ministère Education Nationale) pour un poste au LESIA : pari réussi ! A partir de janvier 2017 je commencerai comme ingénieur d’étude sur les moyens d’essais, salles propres et AIT-AIV au LESIA, surtout sur des projets optiques comme SuperCam 2020.

JORDAN : Depuis le 15 mars 2016, je suis analyste en thermique spatiale chez AKKA Technologies. Mon contrat est un CDI rémunéré 32000€ brut/ an. Je travaille sur le site de Thales Alenia Space (TAS) à Cannes pour le département des satellites télécoms. Mon travail consiste à créer le modèle thermique du PM (Payload Module) du satellite BB4A et d’effectuer les analyses qui permettront de savoir si le sat est « compliant » (conforme) aux spécifications systèmes fournies par le client. Ce satellite est commandé par Eutelsat et fait partie d’une nouvelle gamme de satellites télécoms, NeoSat qui sont des satellites à « étagères ». Et pour tout vous dire, je kiffe grave !!

LUCIE : Aujourd’hui je travaille au laboratoire GEPI à l’Observatoire de Meudon (avec un ancien OSAE !). Je suis responsable des tests et de la validation du prototype SST-GATE pour le projet CTA. Je travaille tous les jours avec l’ingénieur système du projet et collabore avec toutes les spécialités qui entrent en jeu. Mon CDD a été prolongé jusqu’en octobre, alors je reprends les recherches. Je cherche principalement des postes d’Ingénieur Tests et Validation et Ingénieur Système. Mais depuis mon stage chez Imagine Optic, l’aspect qualité m’intéresse aussi, donc j’attends de voir si des offres me plaisent vraiment.

Quels conseils apporterais-tu aux étudiants qui s’engagent (ou souhaitent s’engager) dans l’aventure OSAE ?

SIMONE : Un atout avant d'aborder le master est d'être spécialisé, par exemple en électronique, communication, informatique, aérospatiale, etc. Avec des bases en physique générale, l’année est trop courte pour pouvoir dire qu’on s’est spécialisé. Je me répète : c’est surtout pendant le stage que ça se joue. Néanmoins, une base large est utile pour les rôles comme ingénieur Système, Qualiticien(ne), ingénieur en Sûreté de Fonctionnement ou AIT-AIV. Bien évidemment, on devient vraiment expert une fois qu’on a commencé à travailler, mais pour cela il faut d’abord passer la barrière des recrutements qui cherchent des profils de type « mouton à 5 pattes » ! Des conseils de base pour mieux passer l’année : faire ses exercices tout de suite, finir les rapports des TP la même semaine que le TP, etc. Commencer à chercher un stage le plus tôt possible et profiter des simulations d’entretien. Faire un stage à l’étranger, dans l’industrie ou en agence. Prendre un rôle actif dans sa promo. C'est la dernière « classe » avant la vie professionnelle : des compétences, c'est bien, mais avec un réseau, c'est encore mieux.

JORDAN : On va vous le répéter toute l’année mais soyez pro-actifs ! Comportez-vous en tant qu’ingénieur et non pas en tant qu’étudiant. Soyez pro comme dirait B. Mosser ! Ne vous laissez pas abattre par la quantité de travail et les transports, soyez organisés et entraidez-vous, OSAE tout seul dans son coin ça ne passe pas. « Tout seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin » et c’est ça le métier d’ingénieur, travailler en équipe. La majeure partie des enseignants et intervenants font partie du master depuis plusieurs années déjà, il est donc sage de les écouter. Un stage réussi est un bon stage sur le plan académique mais aussi sur le plan professionnel. Si vous êtes rigoureux avec la physique et ingénieur dans votre façon de faire, c’est le succès assuré, pour le master, mais surtout pour VOUS ! Vous avez un réseau, utilisez-le (en passant : jordan.zafonte@gmail.com n’hésitez-pas). Enfin, faites-vous plaisir, si vous aimez le spatial, OSAE is the place to be !

LUCIE : Choisissez vos options suivant vos intérêts. La passion vous permettra de trouver un boulot qui vous plaira. Profitez du master OSAE pour suivre des cours ou faire des TP dans des domaines qui vous intéressent et choisissez un stage dans un domaine où vous voulez travailler. Ce stage de fin d’études tracera votre chemin professionnel et vous donnera de l’expérience pour votre recherche d’emploi. Profitez aussi des interventions des anciens OSAE dans le module entreprise pour leur poser des questions sur leur expérience, cela vous permettra de vous assurer de ce que vous voulez faire après le master et de ne pas négliger l’importance d’un bon réseau professionnel. L’année du Master est dense, accrochez-vous ;)



Statistiques // de la promotion ROSETTA

Les statistiques ci-dessous sont réalisées sur 14 des 19 étudiant-e-s de la promotion ROSETTA, 10 mois après obtention du diplôme.

Origine des étudiants

Type du premier emploi

Lieux de stages



Après le diplôme OSAE

Après la validation du master OSAE, si on ne souhaite pas continuer en thèse, on se retrouve dans le grand bain du monde du travail et ça peut être angoissant. Pas de panique ! Ce document va vous aider à entrer du bon pied dans ce monde mystérieux !

Signer son premier contrat

a) Débuter les recherches

Vous avez pu le constater lors de vos recherches de stage en début d’année, il y a beaucoup d’offres différentes sur des dizaines de sites, spécialisés ou de chaque entreprise. Il faut donc savoir cibler. Définissez déjà les secteurs d’activités où vous vous destinez, la première expérience de travail peut définir la suite de votre carrière. Public ou privé ? Industrie ou laboratoire ? Boite de prestation ou agence ? N’hésitez pas à contacter des anciens du master pour connaître leurs expériences afin de savoir quel environnement de travail vous convient le mieux. L’annuaire OSAE peut vous permettre de connaître des PME de différents secteurs d’activités, car on a tendance à les oublier mais elles peuvent proposer de belles opportunités.

Commencez à chercher dès le début de votre stage, cela vous permettra de “prendre la température” du marché et certains employeurs publient des annonces parfois des mois avant la prise de poste.

b) Où chercher

Les laboratoires en général, tout comme les grands groupes, publient leurs offres sur leurs sites. Les PME privilégient plus souvent les sites spécialisés, voilà pourquoi il faut penser à se créer un profil sur les plate-formes comme Keljob, Job Hightech ou l’APEC. Certains servent de banques de CV pour des recruteurs et d’autres permettent de trier les offres selon son profil. Savoir bien utiliser ces outils peuvent faire gagner du temps (et un contrat !).

Pensez également aux candidatures spontanées. 80% (chiffres Ingeus juillet 2015) des embauches se font sur le marché caché (candidatures spontanées, recruteurs, recommandations et réseaux internes), cela leur permet de ne pas dépenser d’argent pour diffuser une annonce.

c) Outils de candidature : CV, LM, carte de visite

Ici, nous donnons quelques conseils sur les bonnes pratiques à adopter pour un bon CV, une bonne LM ou encore carte de visite. Vous retrouverez ces conseils au fur et à mesure de l’année.

  • Curriculum Vitae
    • Une photo nette et claire, habillé-e de façon professionnelle sur un fond uniforme ;
    • Une présentation fluide où l’on ne surcharge pas trop avec du contenu inutile pour ne pas perdre les recruteurs ;
    • Adaptez le contenu du CV au poste
    • Indiquez les résultats obtenus à la suite d’un stage, d’un projet de fin d’études ou d’une expérience professionnelle, des résultats chiffrés sont un plus car clairs et concis;
    • Ne rédigez pas une liste de courses, soyez authentique, montrer votre originalité ;
    • Ne réduisez pas votre CV à un métier spécifique mais essayez de mettre en avant vos compétences transverses ;
    • Utilisez un vocabulaire technique mais clair, pas d’acronymes ni d’abréviations si celles-ci ne sont pas détaillées ;
    • N’oubliez pas la section « centres d’intérêts » ! Encore une fois ici, soyez authentiques, évitez les choses du style : cinéma, lecture, sport, musique… Tout le monde aime ces choses-là.
  • Lettre de motivation
    • Rappels : pour les LM françaises, en haut à gauche le nom, prénom, adresse, téléphone(s) et adresse mail. En haut à droite, les nom, prénom, fonction du destinataire et les nom, adresse de la société à laquelle vous postulez;
    • On écrit “À l’attention” et non “À l’intention”. On demande l’attention du recruteur sur notre lettre, “à l’intention” signifie que l’on fait quelque chose pour quelqu’un, on désire que cela lui soit profitable. Chacun retiendra ceci comme il veut mais un moyen facile est de penser “Faites attention à ma lettre” et non “Faites intention à ma lettre” qui n’est pas français;
    • Il est préférable comme dit plus haut de connaître les nom et fonction du destinataire. En français, on ne se complique pas la vie, Madame pour une femme et Monsieur pour un homme. Si l’on ne sait ni le sexe ni le nom, je conseille “Madame, Monsieur”. Si vous ne connaissez pas la fonction, adressez vous au “Responsable des relations humaines”;
    • La lettre de motivation ne doit pas faire plus d’une page;
    • Appliquez-vous, si elles sont demandées, les LM sont lues;
    • Evitez de commencer par “Je” un paragraphe;
    • N’utilisez pas de verbe, de nom ou d’adjectif trop “puissants”. L’entretien - s’il y en a un - servira à montrer plus amplement votre intéressement au poste. En attendant, je conseille de rester sobre et simple dans votre lettre;
    • Elles peuvent être lues rapidement, en diagonale, voilà pourquoi il est important de structurer sa lettre pour attirer l’oeil et faire que le recruteur s’en souviendra;
    • Vous connaîtrez ou connaissez déjà la fameuse méthode du “Vous, Je, Nous” ou de la variante “Vous, Nous, Je”. Ci-après est décrite une façon de faire similaire mais plus “homemade” (fait maison);

    • Le premier paragraphe
      • Court et précis;
      • Pourquoi l’entreprise vous intéresse?
      • Citer le nom d’un projet est un plus;
      • Rappeler le nom du poste ou la fonction que vous exercerez.
      • Qu’est-ce que l’entreprise peut-vous apporter et surtout que pouvez-vous lui apportez;
    • Le deuxième paragraphe
      • Vous vous introduisez;
      • Si vous avez beaucoup d’expérience en lien avec le poste, dites ce que vous avez fait antérieurement;
    • Troisième paragraphe (ce “paragraphe” peut en contenir plusieurs, c’est le coeur de votre lettre)
      • Aujourd’hui, que faites-vous, dans quels projets, formations êtes-vous impliqué?
      • Détaillez un minimum, montrez que vous savez de quoi vous parlez;
      • Comme pour le CV : des chiffres, plus facile à mémoriser et cela attire l’oeil;
      • En lien avec le point précédent: vos résultats et réussites;
      • Valorisez vos expériences diverses qui pourraient vous être bénéfiques pour le poste : associations, études à l’étranger, travail d’équipe, expériences de vie, etc…
    • Quatrième paragraphe
      • Solliciter un entretien;
      • Remerciements;
    • Signature : ne l’oubliez pas. Si vous pouvez la rajouter de façon manuscrite, c’est encore mieux. Les RH adorent analyser les signatures.
    • Si l’on sèche, une méthode efficace est celle du brainstorming. On écrit 3 à 4 de nos qualités et on les met en forme dans la lettre.
      • Dynamisme : “Afin de réaliser ma mission, je me suis appuyé sur mon dynamisme qui me conduit à être force de proposition…”;
      • Bon relationnel : “Je communique aisément l’avancée de mon travail avec mon équipe et je reste à l’écoute…”
      • Persévérance : “Lors de ce projet, j’ai su mettre à profit ma persévérance qui a permis son succès..”
    • Une fois écrite, relisez-vous, faites-vous relire, passez-y du temps, cela peut faire la différence. Vous verrez, si le poste vous plaît, les mots viennent tout seuls, attention de ne pas vous emballez.
  • Carte de visite
    • Importante dans les salons, conférences, entretiens et séminaires ;
    • Mettre une photo pour que votre interlocuteur se souvienne de vous plus facilement ;
    • Nom, prénom
    • Un titre qui attire l’œil en lien avec ce que vous cherchez ou votre diplôme ;
    • Vos coordonnées : adresse, mail, mobile, linkedin, viadeo, skype…
    • Un QR code ou un lien vers votre site si vous en avez un ;
    • Une version anglaise au dos (selon le marché sur lequel vous vous placez).

d) Créer, développer et/ou entretenir son réseau professionnel

  • Développer et entretenir son réseau (sur internet):
    • Des automatismes à mettre en place :
      1. Je rencontre un contact professionnel à une conférence, un salon, un atelier, une formation, je vérifie que cette personne est présente sur mon réseau social préféré (Linkedin, Viadeo, etc) et je demande à être mis en relation avec elle ;
      2. Je passe un entretien de recrutement, je remercie mon interlocuteur avec un message envoyé depuis le réseau social (si ce dernier est inscrit) sinon par mail ;
      3. Lorsqu’une personne consulte votre profil sur les réseaux sociaux, prenez les devants et envoyer lui un message privé.
    • Entretenir son réseau c’est :
      1. Partager ses contacts avec ceux qui en ont besoin, proposer son aide et donner ses avis ;
      2. Recommander ses connaissances ;
      3. Ne soyez pas envahissants, une relance par semaine suffit. Vos interlocuteurs sont des professionnels qui ont des journées remplies ;
      4. Remerciez et tenez au courant les personnes qui vous ont ou non aidé dans votre recherche d’emploi ;
      5. En résumé, pensez aussi aux autres.
Important : n’oubliez pas que rien ne vaut un entretien physique, les réseaux sociaux doivent servir de tremplin et ne pas être une fin en soi.
  • Utiliser son réseau :
    • Par où commencer ?
      1. Les personnes que vous connaissez : famille, amis, collègues, enseignants, intervenants…
      2. Ces personnes pourront peut-être vous donner des informations sur les entreprises qui vous intéressent et vous mettre en contact.
    • Comment attirer l’attention des professionnels ?
      1. Montrez-leur ce qu’ils auraient à gagner en faisant votre connaissance ;
      2. Faites-vous recommander par une connaissance commune ;
      3. Soyez clairs dans vos sollicitations ;
      4. Surtout, on n’oublie pas de se présenter, d’être poli, explicite en allant droit au but sans être oppressant et désagréable.

e) Entretiens réseau, téléphoniques et physiques

Entretiens reseau

  • Un entretien réseau est une rencontre professionnelle non-officielle pouvant avoir lieu dans un bureau comme au restaurant ayant pour but d’élargir votre carnet d’adresses et de mieux vous positionner sur le ou les marchés du travail qui vous intéressent. Il n’a pas pour objectif de vous faire décrocher un poste. Multipliez ces entretiens vous fera gagner en confiance, en maturité et en expérience professionnelle. Il facilitera donc votre recherche d’emploi.
    • Obtenir un entretien réseau
      1. Se présenter : nom, prénom, fonction, etc…
      2. Évoquer les raisons de la prise de contact
        • Mon interlocuteur est un expert dans un domaine qui m’intéresse ;
        • Mon interlocuteur est responsable d’un département ou d’un secteur vers lequel je souhaite me diriger.
      3. Poser sa question : vous permettez à votre contact de se préparer sur le sujet en question pour votre futur entretien ;
      4. Présenter son but : Votre contact doit savoir quelles sont vos intentions finales.
    • Questions à poser pendant l’entretien :
      1. Quel est votre formation, parcours ? Comment avez-vous évolué ? Comment en êtes-vous arrivé à ce poste ?
      2. En quoi consiste votre métier, sur quels projets et avec quels clients travaillez-vous ?
      3. Quelless sont les problématiques que vous résolvez ?
      4. Quelles sont les qualités et les compétences professionnelles nécessaires pour faire ce métier ?
      5. Que préférez-vous dans votre métier ?
      6. Quels conseils me donneriez-vous pour pratiquer ce métier ?
      7. Y’a-t-il des besoins présents ou futurs en compétences dans votre secteur d’activité ? Et si oui, sur quels métiers ?
    • Déroulement de l’échange
      1. Présentation succincte : 2-3 min, remercier son interlocuteur pour son temps, rappeler pourquoi vous l’avez choisi, ce que vous allez lui demander et dans quel but.
      2. Échange : écouter attentivement, rester sincère et courtois, demander des conseils et des informations, rebondissez sur ce que votre interlocuteur vous dit, apportez-lui des informations utiles qui pourraient l’intéresser.
      3. Conclusion : Remercier son interlocuteur et le tenir au courant de ses démarches.
Rappel important : un entretien réseau n’est pas un entretien d’embauche, vous n’êtes pas là pour chercher ou obtenir un emploi mais pour acquérir des informations sur un secteur, une activité ou bien même élargir votre réseau et vous faire connaître.

Entretiens téléphoniques et physiques

  • Avant un entretien
    • N’hésitez pas à vous renseigner sur l’entreprise par l’intermédiaire d’anciens ou d’actuels salariés pour connaître l’organisation, les valeurs, l’ambiance, la rémunération, les avantages proposés, les perspectives d’évolution, ses produits et concurrents ;
    • Ne soyez pas en retard ;
    • Dès votre entrée dans l’entreprise, soyez courtois avec toutes les personnes que vous croiserez ;
    • Lorsque le recruteur vous appelle, serrez-lui la main franchement et regardez-le en lui disant bonjour. On ne regarde pas ses pieds ou vers l’horizon quand quelqu’un vous dit bonjour. Essayez de ne pas avoir les mains moites;
    • Sur le chemin pour aller jusqu’au bureau du recruteur, n’hésitez pas à engager la conversation, ce qu’on appelle le « chit-chat » en anglais, on discute de choses et d’autres, souvent cela revient à parler du trajet pour venir, de la météo, des locaux, etc…
    • Dans le bureau, on ne s’assoit que sur invitation du recruteur.
  • Pendant un entretien
    • Restez calme, évitez de toucher vos mains, de les poser sur vos jambes, de croiser vos bras, de croiser les jambes. Tenez-vous droit les mains posées sur la table ;
    • N’envahissez pas l’espace personnel du recruteur en faisant de grands gestes ou en étant avachi sur la table ;
    • Regardez le recruteur dans les yeux lorsque celui-ci vous parle sans le dévisager ;
    • Parlez calmement, n’hésitez pas à prendre de petites pauses pour reprendre votre souffle ;
    • Prenez également votre temps pour répondre. Si une question vous pose problème, prenez quelques secondes avant de répondre ;
    • Évitez les jugements de valeurs ;
    • Tenez bien compte du poste de votre interlocuteur : on ne parle pas une personne des ressources humaines comme à un expert technique ;
    • Vous devez toujours avoir des questions à poser à la fin de l’entretien ;
    • N’abordez jamais la question de la rémunération en premier. En général quand l’entretien touche à sa fin, c’est le recruteur qui commence à en parler si ce n’est pas le cas, vous devrez prendre les devants ;
  • Après un entretien
    • Remerciez le recruteur de son temps ;
    • Demandez-lui sa carte de visite s’il en a une, on donne la sienne ;
    • Une fois chez soi, envoyez-lui un mail récapitulatif de l’entretien pour lui montrer que vous avez compris de quoi retourne le poste et remerciez-le.

Questions/réponses, négociations

  • Questions à poser en entretien : ci-dessous une liste non-exhaustive de questions à poser en entretien.
    • Sur quels projets travaillez-vous, avec quels clients ? Quels sont le problématiques rencontrées ?
    • Quel est l’intitulé exact du poste proposé ?
    • Sur quelles missions serai-je amené à travailler ? Quels sont les objectifs attendus ?
    • Quels outils de travail utilisez-vous ? Quels logiciels ? Proposez-vous des formations sur ces derniers ?
    • De combien de personnes est composée l’équipe ? Qui seront mes responsables hiérarchiques ? Par qui serais-je encadré ?
    • À quelle date est prévue la prise de poste ?
    • Quelle est la durée de la mission (pour les SS2I) ?
    • Ce poste comporte-t-il des longs déplacements ?
    • Quelle formation avez-vous suivi (informez-vous sur votre futur chef, assurez-vous qu’il soit compétent et apte à prendre des décisions, surtout dans les PME) ?
    • Comment va se dérouler la suite du process de recrutement ?
    • Quelles perspectives d’évolution votre entreprise propose-t-elle ?
    • Prenez-vous en charge les frais de déplacement, de déménagement (si embauche) ?
  • Réponses aux questions du recruteur
    • “Parlez-moi de vous” : ne faites pas le robot, évitez de parler d’expériences sans lien avec le poste, ne récitez pas votre CV. En réponse à cette question vous pouvez répondre succinctement qui vous êtes, ce que vous faites et ce que vous ferez pour le recruteur, ce que vous pourrez lui apporter. Ou bien vous pouvez vous présenter de façon thématique, compétences techniques, managériales, sociales, etc…
    • “Quelles sont vos motivations ?” : Ne parlez pas de vos motivations personnelles mais encore une fois mettez du lien avec l’entreprise ;
    • Avez-vous des questions ?”: Comme dit plus haut, toujours avoir des questions, et le plus possible sur l’entreprise, vos futurs collègues, les projets qui vous attendent, etc…
    • Quel est votre niveau de langue ?”: Ne surestimez pas votre niveau sur le CV et une fois cette question posée, répondez au recruteur dans la langue dont il est question.
  • Négociation du salaire : aujourd’hui il est difficile de négocier son salaire pour un jeune diplômé, vous ne savez pas trop ce que vous valez, le recruteur a des grilles de salaire prédéfinies et la concurrence est grande donc vous ne faites pas le difficile. Ci-dessous quelques conseils pour vous aider à parler argent.
    • Comme dit plus haut, hormis de très rares exceptions, on laisse le recruteur aborder la question de la rémunération ;
    • En entretien on parle du salaire en brut annuel ;
    • Ne montez pas le ton, et parlez de façon neutre ;
    • Mal négocier un salaire en début de carrière ou lors d’une embauche dans une nouvelle entreprise ne pourra pas se rattraper par la suite alors ne vous faites pas marcher sur les pieds sous prétexte que vous êtes jeune ;
    • Quand on négocie, surtout un salaire, il y a toujours des tensions, des frictions dans la discussion, vous devez y être préparé. Dites-vous, s’il n’y a pas de frictions c’est que vous ne demandez pas assez ;
    • N’oubliez pas que c’est une négociation. Lorsque l’on négocie, les deux parties sacrifient et gagnent quelque chose, il n’y a pas de vaincu et de vainqueur.
Statistiques premiers salaires de la promotion

f) APEC, Pôle Emploi, salons et conférences

Il faudra bien y passer, l’inscription à Pôle Emploi peut s’avérer utile, outre les aspects pratiques administratifs, certains Pôle Emploi (ex: Les Ulis (91) ) proposent un accompagnement personnalisé par un prestataire dans le cadre “Activ’Emploi”. Cela permet d’avoir des conseils sur son CV ou sa lettre de motivation et d’avoir accès à des banques de données sur les entreprises du secteur pendant 4 mois. Il faut juste faire attention aux actualisations sur le site pour ne pas avoir à se ré-inscrire. L’APEC propose aussi ce suivi gratuitement. Ainsi vous ne restez pas seuls dans votre recherche. Profitez-en pour faire relire vos CV et LM, demander des conseils et aller à des salons pour rencontrer les entreprises.

Un esprit sain dans un corps sain

Vous sortez d’une année de master assez intense et vous entrez dans une période stressante, donc entre une préparation d’entretien et une recherche d’offres d’emploi profitez de ce temps pour voir votre famille et vos amis, sortez voir des spectacles ou des films (pensez maintenant aux tarifs “demandeur d’emploi” ;) ). Soyez pro-actifs, renseignez-vous sur les formations ou MOOC que vous pouvez suivre, cela remplira un peu plus votre CV et montrera aux recruteurs que vous êtes restés actifs. La recherche de son premier emploi n’est pas chose aisée, vous entendrez sûrement des “tu ne cherches peut être pas assez” qui pourront vous décourager. Accrochez-vous !

Astuces diverses

  • Vos responsables Benoît Mosser et Matthieu Vincendon ont beaucoup d’expérience et sont de très bons conseils, n’hésitez pas à les consulter régulièrement ;
  • Les cours du module « Entreprise » de Frédéric Rouesnel vous seront très utiles pour préparer au mieux vos CV, LM et entretiens d’embauche ;
  • Les intervenants du master OSAE sont tous des professionnels du secteur spatial ou de l’astronomie/astrophysique, aéronautique. Profitez de cette année pour vous faire des contacts et échanger avec eux ;
  • Les anciens du master OSAE sont également sources d’opportunités pour trouver un stage et un premier emploi ;
  • Le site aef.cci.fr répertorie les entreprises de toute la France. Lors d’une recherche sur ce site vous pouvez avoir accès aux 100 premières fiches d’entreprises gratuitement. Ces fiches vous donneront accès à des informations pas toujours disponibles sur internet.
  • L’annuaire du GIFAS disponible en ligne sur leur site https://www.gifas.asso.fr/ vous permettra de cibler les entreprises (grands groupes et PME/PMI) de l’aéronautique et du spatial ;

Mon premier contrat post-OSAE

  • Points importants à vérifier :
    • Type du contrat : CDD/CDI ;
    • Nom et immatriculation de la société employant le salarié ;
    • L’intitulé exact du poste ;
    • La durée de la période d’essai ;
    • Les fonctions du salarié ;
    • La rémunération ;
    • Le lieu de travail, la clause de mobilité ;
    • Les clauses de confidentialité ;
  • N’oubliez pas de prendre connaissance de votre convention collective une fois embauché pour connaître vos droits, notamment aux congés payés.

Il n’y a pas de formule magique, il faudra un peu de chance mais surtout du courage. Ajoutez-y de la volonté, de la bonne humeur, du sérieux, de la rigueur, de l’audace et de l’authenticité et tout ira bien !




La rédaction

Hana Benhizia, Anne-Laure Cheffot, Lucie Dangeon, Cyril Jomni, Alexis Lavail, Hugues Poincelin, Simone Thijs et Jordan Zafonte


Association du Master Outils et Systèmes de l’Astronomie et de l’Espace
Observatoire de Paris - Campus de Meudon
5, place Jules Janssen, 92195 Meudon Cedex
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